Claudia
Paris - 2011-05-06
J’ai 26 ans, je suis née en France et j’ai obtenu un Master II Concepteur d’œuvres d’information en 2005 (gestion de projets publicitaires et d’information). Lors de mes études, j’ai effectué 4 stages car je savais que le domaine de la communication était très compétitif. J’ai été embauchée en CNE dans une agence de communication après mon stage de fin d’études bien que d’autres collègues l’ont été en CDD et CDI… Malheureusement toute mon équipe s’est fait licencier, ce qui n’a pas empêché mon employeur d’embaucher par la suite et de me proposer un CDD de deux mois uniquement, alors que j’étais prête à partir à l’étranger. Je veux que vous compreniez bien que je ne mets pas tout ça sur le compte de la discrimination. Le monde du travail ne fait pas de cadeaux, soyez malin, n’acceptez pas tout sous prétexte de respect à votre supérieur.
Lorsque je suis arrivée à l’AFIP en septembre 2006, je venais de terminer un CDD de deux mois. J’avais de moins en moins confiance en moi. Il est vrai que lors de ma précédente mission au sein d’une agence de communication, je m’étais donnée à fond, j’avais eu de bons résultats avec pour conclusion un licenciement. Malgré tout ceci je pensais rapidement trouver un emploi, néanmoins je me suis dirigée vers l’AFIP car je sentais que j’avais besoin d’être coachée et de ne pas rester seule dans mon coin. J’ai été agréablement surprise en rencontrant Angèle car elle m’a donné l’image de quelqu'un de très professionnel et qui me comprenait.
J’ai donc recherché un emploi de septembre 2006 à avril 2007, ce qui fait plus de 8 mois. Ca me paraissait très long alors que j’avais une expérience assez riche qui comprenait l’organisation d’une opération nationale qui a eu beaucoup de succès ! Le comble est que je n’ai eu que 6 entretiens en 8 mois ! Deux de ces entretiens ont été pour moi assez pénibles particulièrement le second. Le premier me proposait un SMIC avec un CNE ! Concernant la deuxième entreprise, cela a été un cauchemar. Le PDG ne m’a posé que des questions illégales et très personnelles, à savoir s’il recherchait une Chargée de communication ou quelqu'un qui puissent satisfaire ses besoins les plus intimes…
Heureusement que mes marraines étaient présentes pour moi car elles ont été d’un grand soutien. Je leur ai fait part de mon envie de partir en Grande-Bretagne pour perfectionner mon anglais tout en travaillant dans mon domaine d’activité. Cependant je souhaitais acquérir une expérience en marketing. J’en avais aussi assez des gens qui disaient que tout était de ma faute si je ne trouvais pas d’emploi et de ces RH et Managers qui ne vous respectaient pas.
Quel n’a pas été le changement à Londres ! Je n’ai jamais ressenti aucune once d’agressivité vis-à-vis d’un salarié car c’est une marque de faiblesse. Lorsque j’envoyais un CV, j’obtenais un retour dans 90% des cas même dans des sociétés très renommées. Pourtant il y a beaucoup de Français qui recherchent du travail à Londres mais aussi des Australiens, des Espagnols, des Italiens etc. : la compétition est très rude. Pour autant j’ai eu plus d’entretiens en 1 mois à Londres que je n’en ai eu en 8 mois en France. Peu importe que je vienne d’une Grande Ecole de Commerce ou non, que mon nom soit de connotation étrangère, j’ai les compétences requises et on s’y intéresse. Cela a aussi été très intéressant d’envoyer mon CV à des Grandes entreprises à Londres et d’obtenir des entretiens. Les mêmes représentées en France sont absolument inaccessibles pour moi ! Et ce n’est pas faute d’avoir essayé. Là, oui je parle de discrimination pas uniquement ethnique mais aussi au niveau des diplômes. Quelque soient vos expériences vous ne ferez pas le poids avec M. Jérôme Dupont tout fraîchement sorti de son école à 15 000 euros l’année et qui a deux fois moins d’expérience que vous, pauvre titulaire d’un BAC + 5 universitaire et issu d’une minorité visible.
Mais malgré tout je suis revenue dans le pays des Droits de l’Homme, j’ai même bêtement raté une superbe opportunité pour ça. Car je souhaite continuer à chercher en France, ne pas baisser les bras. Pour autant si l’on me propose un bon poste à Londres, je ne dirais pas non. Surtout ne croyez pas que je pense que toutes les entreprises françaises sont discriminantes et irrespectueuses, il ne faut pas généraliser. Mais issu d’une minorité visible sans diplôme d’une Grande Ecole, vous devez être EXCELLENT, on sera plus exigeants envers vous. Je sais que j’ai plus d’appels, de retours de recruteurs potentiels, car j’ai effectué une mission à Londres dans un Groupe International reconnu. Ce qui n’a pourtant pas empêché quelques recruteurs de me montrer un manque certain de professionnalisme comme le dirait une de mes amies RH à Londres. Surtout ne baissez pas les bras, mais si vous cherchez du travail depuis trop longtemps expatriez-vous, vous aurez toujours la possibilité de revenir. Dans mon cas, j’espère trouver un poste en France car c’est mon pays tout simplement, mais si une belle opportunité se présente de nouveau à Londres, je serais ravie de payer mes impôts à Sa Majesté la reine Elizabeth II ! A bon entendeur…
Claudia, 25 ans